La génération zapping, un changement structurel de la télévision

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Depuis quelques années on assiste à un changement structurel de la télévision. On pourrait parler d’un changement générationnel. Partant de ce constat on peut se demander, comment observe-t-on ces changements ?  Et d’où viennent-ils?

On peut souligner deux grands changements dans le PAF, la durée des programmes et leurs orientations.

Premièrement la durée des programmes a radicalement évolué. De moins en moins de films sont diffusés au profit de programmes de plus en plus courts. Les séries TV ont supplanté les films. Ainsi, une fois par semaine sont diffusés plusieurs épisodes de séries comme Grey’s Anatomy pour TF1, ou encore Homeland pour Canal +.

Ces changements ne sont pas anodins. On trouve également des mini-séries qui suivent ou précédent les journaux télévisés, tels que « nos chers voisins » (TF1) ou « Scènes de ménages » (M6). Les programmes sont donc raccourcis, mais on trouve aussi un autre changement.

En effet, on peut souligner que la visé de ces programmes est différente. Nous sommes passés d’une télévision à caractère informatif ou culturel à une télévision de divertissement.

Au sein même des journaux télévisés, les faits divers ont remplacé les sujets de fonds sur les grands conflits. Les magazines d’investigations sont tournés comme des thrillers policiers, avec une tension de fond qui captent l’attention du téléspectateur. La mise en scène est soignée. La TV est devenu outil de divertissement.

Ce divertissement télévisuel trouve son apogée dans les télé-réalités. Ce type de programme pourrait être apparenté à des séries TV dont le scénario est travaillé avec attention. Celles-ci, sous couvert de montrer des parcours authentiques de candidats ( choisis méticuleusement pour leur forte personnalités soit dit en passant) livrent un programme encadré par une production qui cible ce qui va plaire à l’audimat : les disputes, les coups de gueules, et les histoires d’amour, les mêmes caractéristiques que dans une séries TV en somme. Les programmes s’uniformisent donc sur le modèle du story-telling.

Le but ici, est donc de divertir en réduisant la complexité du programme à son minimum. On mâche le travail du spectateur en une supra-narration, à base de « précédemment », de séquences « confessional » où les candidats ne font que décrire ce qui vient juste de se passer.

Une bonne satire de ce type de programme a été faite d’ailleurs par Le Petit Journal de Canal + avec « Les débiles à Cannes ».

Pour autant cela veut-il dire que les spectateurs de ces programmes ont induit ces changements ? Les programmes TV sont-ils le reflet de celui qui le regarde ?

La cause principale de ce raccourcissement des programmes pourrait être plutôt générationnel. Aujourd’hui la vitesse à laquelle circule l’information a été démultipliée. Avec des outils comme Twitter notamment, on peut entrevoir l’origine de cette évolution. En une minute sur ce réseau de micro-blogging, un utilisateur peut être amené à recevoir plus d’une dizaine de nouveaux twitts,  c’est à dire dix nouvelles informations à traiter.

De fait, l’individu s’habitue, s’adapte à cette nouvelle donne. Il doit traiter vite et efficacement un maximum d’information en un minimum de temps.

De plus, les individus sont généralement engagés non seulement sur Twitter mais aussi sur plusieurs autres plateformes et réseaux sociaux. (Facebook, Path, Instagram…) Cela crée une génération « ultra-connecté » que certains se plairont à appeller génération Y.

Il semble alors que le rôle informatif de la télévision ai été repris par internet et ses réseaux sociaux où l’information se diffuse instantanément.

Ainsi, orpheline de son rôle d’informateur, la télévision doit se trouver une nouvelle fonction. Elle a choisi celle du divertissement.

Premièrement, alors que les individus entre 13 et 30 ans sont nombreux à regarder la TV tout en utilisant leur smartphone ou tablette. il lui faut parvenir à capter l’attention du spectateur. Les chaines se sont adaptées à la vitesse de renouvellement de l’information à laquelle sont habitués ces individus. D’où la réduction de la longueur des programmes.

Deuxièmement, puisque le spectateur a déjà recueilli les informations dont il a besoin via internet, la TV devient dès lors un outil de divertissement. On allume sa TV généralement après une journée de travail, avec l’intention de se détendre. C’est donc tout naturellement que le spectateur va adhérer à cette offre de divertissement.

Troisièmement, pour être sûr de l’attention porté par le spectateur à leur programme, les chaînes vont lui proposer de « réagir » à ce qu’il voit. Ainsi de nombreux programmes ont instauré des Hashtags permettant aux spectateurs de « live tweeter » l’émission et montrer leur intérêt pour celle-ci.

Ainsi, la TV a su évoluer structurellement, et s’adapter à une nouvelle génération de spectateur et de fait, retarder encore un peu plus la date de son obsolescence.

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